THE PRESIDENT OF BURUNDI IS THE NEW PRESIDENT OF THE AFRICAN UNION.

Congratulation @ Présidence - République du Burundi

Entourages | Burundi
L'équipe d'Évariste Ndayishimiye pour assurer sa présidence de l'Union africaine
Le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, à Addis-Abeba, en février 2025. 
Le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, à Addis-Abeba, en février 2025.

 ©️ Tiksa Negeri/Reuters
Alors qu'il prend la tête de l'UA, le chef de l'État burundais a positionné de nombreux cadres pour la réussite de cette mission délicate. Si l'ambassade à Addis-Abeba, renforcée, sera largement mise à contribution, d'autres diplomates, basés en Europe et aux États-Unis, auront également un rôle à jouer.
 Publié le 13/02/2026 à 5h40 GMT Lecture 3 minutes
Le discours que devrait prononcer Évariste Ndayishimiye, lors de sa prise de fonctions en tant que président de l'Union africaine (UA) durant le sommet des 14 et 15 février, à Addis-Abeba, devrait souligner au moins quatre grandes priorités. D'abord, la mise en œuvre du thème de l'année : assurer la disponibilité de l'eau pour atteindre les objectifs de développement. Ce sujet, relativement consensuel au premier regard, ne sera pas si simple à manier du fait notamment du conflit ouvert entre l'État hôte du sommet, l'Éthiopie, et l'Égypte, au sujet du barrage de la Renaissance sur le Nil, en opération complète (5 000 MW) depuis son inauguration, en septembre 2025.

Deuxième priorité, la consolidation de la paix et de la sécurité. À ce sujet, le président burundais, nommé envoyé spécial de l'UA pour le Sahel en juin 2025, lors de la présidence angolaise, devra probablement confier cette fonction à quelqu'un d'autre. Le nom du président ghanéen, John Dramani Mahama – proche de son homologue burkinabè Ibrahim Traoré –, revient souvent dans les couloirs de l'UA pour lui succéder.

Cette solution serait légitime puisque le Ghana devrait occuper la présidence tournante de l'UA en 2027. Le tour de l'Afrique de l'Ouest intervenant l'an prochain, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a accordé son soutien à la candidature du président ghanéen.

Canal direct
Un passage du discours inaugural du président burundais devrait être réservé aux multiples enjeux du Sahel. Trois des États sahéliens, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, sont suspendus des instances de l'organisation panafricaine. La présidence burundaise pourrait aussi tenter de s'impliquer au Soudan et en Somalie.

Comme troisième priorité, le président burundais souhaiterait mettre l'accent sur la promotion de l'innovation, le développement des compétences et l'autonomisation des jeunes et des femmes. Enfin, il sera question de l'accélération de l'opérationnalité de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), dont le secrétariat, situé au Ghana, a bien du mal à mettre en place des mécanismes efficaces.

Évariste Ndayishimiye se reposera beaucoup, au cours de ces douze prochains mois, sur son ambassadeur en Éthiopie, Willy Nyamitwe. Très expérimenté, ce dernier a été à deux reprises chargé de la communication à la présidence à Bujumbura – en 2006 et 2007 sous Pierre Nkurunziza, puis entre 2011 et 2021 au service de Nkurunziza encore et de l'actuel chef de l'État. Il connaît parfaitement les rouages de l'État et le fonctionnement du bureau du président, auprès duquel il jouit d'un canal direct, l'ayant servi pendant de longues années.

Fonctionnaires dans l'ombre
Depuis quelques semaines, cinq cadres sont venus grossir les rangs de l'ambassade afin d'épauler Willy Nyamitwe. Deux d'entre eux ont le rang d'ambassadeur : le secrétaire général du ministère des affaires étrangères, Ferdinand Bashikako, et l'actuel directeur général du département des relations multilatérales et ex-ambassadeur aux États-Unis et au Brésil, Gaudence Sindayigaya.

Trois autres fonctionnaires burundais contribueront davantage dans l'ombre à la bonne marche de cette présidence. Il s'agit de Joseph Ndarishikanye, Léonie Ndihokubwayo et Adolphe Hasabindero, qui compléteront le dispositif à l'ambassade d'Addis-Abeba.

Ancien chef de la douane, Joseph Ndarishikanye sera plus porté sur les questions de paix et sécurité, tout comme Adolphe Hasabindero, qui travaille depuis longtemps sur les sujets de démobilisation et réintégration en situation de post-conflit. Quant à Léonie Ndihokubwayo, elle occupe le poste de directrice chargée des relations bilatérales au ministère burundais. Ces cadres du ministère des affaires étrangères seront encadrés par Ferdinand Bashikako.

Nouveau ministre des affaires étrangères
Les diplomates à Addis-Abeba seront épaulés par trois ambassadeurs clés du dispositif burundais désignés officieusement par Évariste Ndayishimiye : Ernerst Ndabashinze (Italie), Therence Ntahiraja (Belgique) et Jean Bosco Bare (États-Unis). S'ils resteront dans leur capitale respective et ne se rendront pas à Addis-Abeba, ils seront amenés à donner leur avis sur les pratiques à privilégier pour réussir ces douze prochains mois.

Enfin, certains fonctionnaires de l'UA, comme l'ambassadeur Frederic Gateretse-Ngoga (département de paix et de sécurité de la Commission) et l'ancien conseiller juridique Guy-Fleury Ntwari, devraient être régulièrement consultés. Cette équipe sera guidée par le nouveau ministre des affaires étrangères, Edouard Bizimana, lui-même ex-ambassadeur en Allemagne et en Russie, avant d'être propulsé en 2022 à la présidence en tant que chargé de mission.

Certaines des précédentes présidences de l'UA ont été particulièrement gênées par des relations difficiles entre le chef de mission à Addis-Abeba et le ministre des affaires étrangères. Édouard Bizimana et l'ambassadeur Willy Nyamitwe auront la lourde responsabilité d'éviter toute rivalité nuisant à l'efficacité de leur mission.
Previous Post Next Post